Confusion sexuelle … en viticulture !

phéromones rak

En début de semaine un transporteur est arrivé au Château Bardins, il faisait une livraison de 2 gros cartons contenant des diffuseurs de phéromones pour lutter contre les vers de la grappe en  viticulture. C’est la saison, il va de Château en Château, chez les producteurs de vins de Bordeaux qui ont renoncé à l’utilisation d’insecticides dans leur vignoble et combattent les ravageurs autrement. Pour le plaisir des yeux de nos visiteurs et promeneurs à vélo, les vignobles vont revêtir leur parure verte, la vigne est en effet prête à débourrer, on connaît sa grande sensibilité à certaines maladies il est temps d’être sur le pied de guerre !

Principaux ravageurs de la vigne

Les plus connus sont les lépidoptères, Eudémis et Cochylis, appelés aussi tordeuses de la grappe. Ils se conservent l’hiver sous forme de larve dans l’écorce des ceps de vigne. En avril la première génération de papillon éclot et peut occasionner des dégâts au niveau de la floraison de la vigne, mais ils sont souvent négligeables. Ces papillons s’accouplent et donnent naissance à une deuxième génération de papillons beaucoup plus nuisibles car ils viennent perforer les grains de raisin et compromettent la récolte.

image de vers de grappe

 

 

 

 

 

Il va falloir agir et les stopper pour éviter cette 2ème génération. Les cicadelles de la flavescence dorée sont également particulièrement redoutées des vignerons, elles transmettent la maladie du même nom, maladie de quarantaine de la vigne qui conduit à la mort des ceps, et du coup à une vigilance importante des viticulteurs et des services du ministère de l’agriculture en charge de la protection des végétaux.

Diffuseurs d’hormones comme solution insecticide

Je ne connais pas d’agriculture ou de jardinage qui ne nécessite pas des solutions pour se débarrasser des mauvaises herbes et lutter contre les maladies. Il n’y a qu’à essayer de faire un potager chez soi pour s’en convaincre. Ne pas avoir de vers de grappe est primordial pour nos vignobles, il faut les éliminer absolument !  Les firmes de produits et leurs labo de recherche ont créé il y a quelques années la possibilité de s’en débarrasser sans les tuer mais en les empêchant de se reproduire, il s’agit de la confusion sexuelle.

Les diffuseurs d’hormones

Ce sont des petits boitiers perforés en plastique que l’on accrochent sur les fils de fer du palissage, il vont émettre dans l’atmosphère une copie de la phéromone naturelle produite par les femelles d’Eudémis & Cochylis pour attirer les mâles de chacune des 2 espèces. Il y a tellement de phéromones que le mâle est désorienté et n’arrive pas ou peu à s’accoupler et donc à assurer sa descendance. D’où confusion sexuelle. Il faut installer les diffuseurs sur une surface de 5ha au minimum, à raison de 500/ha. C’est souvent un projet collectif, en ce qui nous concerne, nous la menons conjointement avec Château Bouscaut dont une partie des vignes démarrent au bout de l’allée de Bardins.

Utilisation des phéromones et viticulture BIO

La confusion sexuelle pour lutter contre les vers de grappe est homologuée pour produire du vin BIO alors qu’elle est de synthèse. A la fois ça parait normal puisqu’elle évite toute forme de traitement. C’est tant mieux pour nous au Château Bardins, c’est chouette si on peut éviter de pulvériser avec un produit insecticide, même s’il est BIO, parce que le produit ne tue pas seulement les insectes nuisibles, il tue aussi les autres, ceux que l’on aimerait garder et qui sont des prédateurs naturels de ravageurs ! Toutefois, certaines zones, communes, ou AOC sont selon les résultats de campagnes de prospection « Flavescence dorée » obligées de traiter parce qu’elles sont en zone de lutte obligatoire pour éradiquer les cicadelles vectrices de cette grave maladie, et dans ce cas on respecte la règle, il n’y a pas le choix.

Et demain ?

Cette méthode biotechnique de confusion sexuelle évite toute pulvérisation et c’est une très bonne chose, espérons toutefois que l’on ne découvrira pas dans 20 ans, parce que les connaissances auront évolué et avec des années de pratique, que ces diffusions d’hormones sont eux aussi toxiques … !

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