Des cépages d’avenir pour les vins de Bordeaux ?

Nul besoin d’être un scientifique du climat pour remarquer depuis bien 15 années maintenant un dérèglement climatique qui amène à produire des raisins de plus en plus sucrés et de fait des vins plus alcoolisés. En atelier de dégustation, certains visiteurs pensent que l’augmentation du titre alcoométrique est une demande du marché, comme si les consommateurs aimaient les vins riches en alcool. Pas du tout ! L’ensoleillement généreux et des températures plus élevées favorisent la maturation et même la surmaturation des fruits, nous font vendanger des raisins plus concentrés en sucre (donc plus riches en alcool) et soyons francs, permettent plus de constance dans la qualité des millésimes. Il se trouve que la définition règlementaire du vin ne permet pas un degré d’alcool supérieur à 15°, paradoxalement nous sommes à l’aube d’un vrai problème technique, que les organismes de recherche ont anticipé mettant en place à L’INRA, l’IFV et dans les chambres d’agriculture des essais d’adaptation variétale au changement climatique. Aujourd’hui à Beychac & Caillau, le syndicat des Bordeaux & Bordeaux supérieur et des pépiniéristes de Gironde et du Sud-Ouest ont organisé une matinée d’information sur leurs travaux de recherche soutenus par le CIVB, portant sur l’adaptation de cépages plus tardifs qui pourraient éventuellement apporter des solutions.

On peut tester en AOC Bordeaux de nouveaux cépages !

Des cépages Pyrénéens, des étrangers et des métis INRA.

Il faut attendre la signature prochain CRINAO en décembre prochain pour pouvoir se lancer dans ce programme à ce jour expérimental, les viticulteurs adhérents au syndicats des Bordeaux & Bordeaux supérieur, à hauteur de 5% de la superficie globale de leur vignoble vont pouvoir planter 7 nouveaux cépages  : MARSELAN, TOURIGA NACIONAL, ARINARNOA et CASTETS en rouge et 3 blancs : ALVARINHO, PETIT MANSENG et LILIORILA. Dans leur assemblage final avant mise en bouteille, ces variétés expérimentales ne pourront pas dépasser 10% de l’encépagement.Ils ont tous les 7 ont été retenus parce que tardifs, connus, qualitatifs et ayant des caractéristiques proches de la typicité des vins de Bordeaux. Olivier Yobregat (IFV FGaillac) présente leurs aspects agronomiques et ampélographiques, les métis INRA croisement de Cabernet Sauvignon et Grenache en rouge, de Baroque et Chardonnay en blanc, le Petit Manseng cher aux Jurançon et Pacherenc, Le Castets ou Saint-Macaire jadis cultivé à Bordeaux et 2 cépages de la Péninsule Ibérique, le Touriga Nacional et Alvarinho. On dirait que Bordeaux se laisse tenter doucement par un brin d’aventure !

On déguste ces cépages retenus pour les vins de Bordeaux.

Après avoir écouté les chercheurs nous parler de ces programmes de recherche, place à la dégustation des vins ! Les viticulteurs présents dans l’assemblée, intéressés par l’expérimentation à plus grande échelle dans leur vignoble peuvent goûter les vins en mono-cépages. Certes ils ne s’agit pas des micro-vinifications réalisées à l’INRA, Mme Destrac-Irvine (INRA Bordeaux) précise que  les volumes sont insuffisants, mais de raisins cultivés et vinifiés dans le Sud-Ouest, en Occitanie, et au Portugal. Difficile d’imaginer ce qu’ils donneraient véritablement dans les sols & climat du coin mais ça donne une idée.

Les pépiniéristes viticoles veulent s’adapter au marché des vins de Bordeauxpépinière viticole château Bardins

Bien orchestrée par Delplhine Bougès présidente du Syndicat des pépiniéristes de la Gironde et du Sud-Ouest, la matinée est riche d’informations. Elle expose VITIPEPS marque collective pour des plants Made in France, et met en garde sur les possibilités d’approvisionnement des variétés expérimentales présentées par faibles ressources parfois des parcelles de multiplication. Elle encourage vivement les viticulteurs à anticiper leurs programmes de plantation, sachant qu’il faut 18 mois pour faire un plant de vigne raciné. Cerise sur le gâteau, on a pu aussi découvrir et déguster les vins issus des travaux de recherche sur les cépages dit résistants au mildiou et à l’oïdium, merci pour cette matinée !

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